Le football autrement, une doctrine en état de mort clinique

Le lundi 21 janvier 2019 à 15h12 par David

Le football autrement, une doctrine en état de mort clinique

L’histoire du FC Lorient n’a jamais été un long fleuve tranquille. Certains ont encore en mémoire le terrible conflit opposant, au milieu des années 90, la section amateur à la section professionnelle du club qui avait failli aboutir à la désintégration du FCL. Le FC Lorient avait ensuite traversé des turbulences plus ou moins sévères comme la gestion sportive du président Féry et le départ de l’emblématique dépositaire du jeu lorientais, Christian Gourcuff...

Une lente glissade

Les faits les plus récents débutent avec l’éviction de Sylvain Ripoll, longtemps resté dans l’ombre de Gourcuff. Ripoll, le digne héritier qui n’aura pas su maintenir pleinement la mayonnaise dans le haut du bol est alors remercié pour des résultats, il est vrai, médiocres qui avaient vu le club s’enfoncer au classement
Arrive alors dans la ville aux 5 ports, Bernard Casoni. Bernard, préféré à d’autres et en particulier à Hubert Fournier jugé certainement beaucoup plus cher que l’ancien Marseillais. Hubert débarquait à Lorient avec son staff alors que Bernard venait juste équipé de son sac et de son couteau.
Bernard et sa gouaille de gars du Sud, qui a du charmer le président, sans lui prendre trop d’argent, tout en lui assurant que tout serait mis en œuvre pour sauver le club d’une descente annoncée. A défaut d’avoir un sens tactique prononcé, Bernard le meneur d’hommes, surfe sur l’héritage. Mais ça ne dure qu’un temps et l’ancien marseillais, comme l’équipe, fait illusion et c’est tout le club qui se prend les pieds dans le tapis.
Reconstruire, retrouver une âme c’est alors l’objectif du président adepte du football autrement, cette doctrine sortie de nulle part.
Qui enrôler pour réincarner ce football qui avait porté, dans un passé récent, Lorient au rang des équipes qui produisaient un des meilleurs jeux de la L1 ?

Un pari osé, un pari risqué

Le gros coup c’est semble-t-il Mickael Landreau, un des symboles du FC Nantes qui pratiquait un football léché sous l’ère Denoueix. Enrôler un entraîneur certes sans expérience mais à priori imprégné par cette culture nantaise du beau jeu et adoubé par Suaudeau, le coup est osé mais pourquoi pas, il faut bien commencer.
L’attente est grande et les supporters dans leur majorité y croient. Assez rapidement, on se rend compte qu’il ne suffit pas d’avoir développé des théories sur un plateau de télé et de faire partie de cette génération nantaise pour être dépositaire de ce jeu vanté par le football français de l’époque.

Le projet...

L’ancien Nantais derrière ses discours bien rodés ne fait qu’illusion. Le brouillard se dissipe faisant apparaître des principes de jeu et une gestion humaine qui posent questions. Mais l’homme est plein de certitudes voire de suffisance et il croit dur comme fer à sa stratégie et à son projet.
Le FCL malgré ses ambitions terminera à une petite 7ème place, loin de l’objectif espéré : se mêler à la lutte pour la montée.
Après être reparti pour un tour, le bilan d’une année et demie de gestion Landreau est finalement médiocre et surtout inquiétant. Notre club, qui n’est pas à la hauteur des objectifs fixés par son président, s’éteint progressivement : plus d’âme, plus de jeu, une élimination consternante en coupe de France, 6 point sur 21 pris lors des 7 derniers matchs, un stade qui se vide, une rupture qui s’amorce entre l’équipe et ses supporters...
Un constat qui saute aux yeux mais qui fait face à un exercice d’auto persuasion permanent : le groupe vit bien et le projet avance…
Mais quel projet ? Un projet de fond qui met en place à tous les étages du club une même identité de jeu ? On en avait déjà un, non ?
Alors c’est quoi ce projet, dont le secret est si bien gardé qu’il en devient invisible et qui ruisselle avec force sur toutes les composantes du club.

On avance, on avance, on avance, c’est une évidence...

Aujourd’hui, à part les jeunes qui ont été lancés en équipe première par Mickael Landreau, le bilan est édifiant. Depuis deux saisons, Landreau gère une équipe a priori calibrée sur le papier pour jouer les premiers rôles. Une équipe constituée de joueurs qui pour certains ont un réel potentiel, mais une équipe qui patauge et des joueurs qui errent sur le terrain les uns à côté des autres Des joueurs qui pour certains semblent régresser mois après mois, englués dans un système de jeu incompréhensible pour les supporters et peut-être aussi pour eux-mêmes.
Conséquence, le stade se vide lentement mais sûrement.
Tous les 15 jours ou presque les supporters ont le droit à leur bouillie de football. Rien de cohérent, des centaines de passes latérales entre les arrières et les milieux défensifs qui se terminent par un grand coup de botte vers les attaquants. Des joueurs qui courent, des joueurs qui s’usent, peu voire aucune animation offensive, des joueurs mal placés sur le terrain qui se marchent parfois dessus. Bref une absence de collectif et un système incapable de valoriser les qualités des joueurs qui composent cette équipe.
Mais pourtant tout va bien, l’équipe avance.

Dans le mur !

Mais où est donc cette identité de jeu que l’on nous vend depuis deux ans, celle dont parlent encore certains médias nationaux complètement à côté de la plaque. Lorient jouit d’ailleurs d’une certaine complaisance à cet égard. Un peu plus réaliste car plus au fait des choses, les médias locaux participent malgré tout aussi à cet état de fait. Une presse locale qui relate les matchs avec un esprit critique finalement assez peu développé et une vision pas toujours objective. Micka, comme les correspondants l’appellent, n’est finalement pas très bousculé par les locaux, la proximité sans doute !
La communication de Mickael Landreau, basée sur l’auto persuasion est quant à elle souvent surréaliste : les défaites et les matchs où l’équipe déjoue sont mis sur le dos de cette ligue 2 qui est difficile, de l’adversaire qui joue sa peau, du terrain indigne, des conditions météos dantesques...
Mickaël Landreau n’assume jamais rien et pas l’ombre d’une remise en cause de la tactique adoptée, du jeu développé, des changements effectués.

Des supporters incapables d’être à la hauteur de l’enjeu.

Tout va bien, le projet avance, on travaille, il reste beaucoup de points à prendre, les gars sont épanouis et investis malgré l’adversité ambiante et le manque de soutien. Même certains joueurs semblent baigner dans cette doctrine de Oui Oui, où tout est merveilleux et où les méchants sont les derniers irascibles supporters qui peuplent encore les travées du Moustoir. Ces nantis d’abonnés et d’invités incapables de supporter ces parodies de football présentées tous les 15 jours par leur équipe. Mettre à l’index voire rejeter la faute sur ceux qui se font violence pour venir au Moustoir, de loin pour certains, alors qu’ils connaissent par avance le spectacle qui sera proposé, c’est juste stupide voire crétin et insultant. C’est surtout un signe de faiblesse et d’impuissance.
Il faut que tout le monde dans ce club comprenne enfin que venir au stade c’est avant tout venir chercher une ambiance, des émotions, ces éléments inatteignables dans son canapé, devant sa télévision. N’inversons pas les rôles. Ce ne sont pas les spectateurs qui génèrent par leurs encouragements le jeu de l’équipe et donc ces émotions, mais bien les onze joueurs vêtus d’une tunique orange qui jouent tous les vendredis en laissant leurs tripes sur le terrain.
Proposez nous du jeu, mettez vous minables, respectez vos supporters et on vous encouragera.

Il faut arrêter de se cacher derrière son petit doigt, cette équipe ne va pas bien. Les supporters sont dégoûtés par les prestations indigentes proposées. Même les courageux abonnés de cette année désertent le stade. On s’emmerde, on ne vibre plus. On a le sentiment que cette équipe pourrait continuer ainsi pendant plusieurs mois, années sans jamais y arriver car rien ne progresse.
Le constat dressé n’est pas une vue d’esprit mais une réalité. L’équipe pro va sportivement dans le mur entraînant derrière elle le désamour des supporters et pire l’ensemble des salariés du club.

Alors réagissez, prenez vos responsabilités !


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