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Histoire et photos du Pays de Lorient








































De la préhistoire à l'arrivée des Vénètes
L'histoire du territoire, que forme les actuelles communes du Pays de Lorient, commence 8000 av.J.-C. Le territoire est peuplé dès le paléolithique de rares chasseurs qui poursuivent mammouths et cerfs.
Entre 3000 et 1800 av.J.-C., la chasse et la cueillette cèdent la place à l'agriculture et à l'élevage. La civilisation mégalithique apparaît. Ses populations, organisées à l'abri de camps fortifiés, donnent naissance à l'art des pierres levées, qui s'accompagnent d'un extraordinaire culte des morts.
Les Celtes s'y installent au 6e siècle av.J.-C. comme dans toute l'Armorique. Le peuple celte dominera la majeure partie de l'Europe occidentale et centrale au cours du 1er millénaire av.J-.C. (Au début de notre ère, sur le continent, les Celtes furent assimilés à l'Empire Romain et perdirent leur indépendance culturelle. La tradition et les langues celtes subsitèrent seulement en Bretagne, au Pays de Galles, dans le Highlands d'Ecosse et en Irlande) .
Au 4e siècle av.J.-C., les Vénètes , une des nombreuses peuplades indo-européennes comme les Celtes, occupent une bonne partie de l'actuel département du Morbihan dont le territoire du Pays de Lorient. Ces Vénètes, rapidement celtisés comme les autres peuplades qui ont déferlé sur l'Armorique (l'ancien nom de la Bretagne), s'imposent aux autochtones et deviennent rapidement le peuple le plus puissant de la péninsule. Le peuple des Vénètes, que les Grecs nomment Hénètes, et dont Homère parle dans L'Iliade, forme une des branches indo-européennes des grandes migrations du 13e siècle av. J.-C.. Certains d'entre eux sont même allés jusqu'en Grande-Bretagne. On les retrouve aussi en Baltique, et dans le bassin de la Vistule. Leur langue est un dialecte indo-européen qui est connu par quelque deux cents inscriptions. Elle a de grandes affinités avec le latin. Les Vénètes d'Armorique sont de hardis navigateurs. Sur leur territoire débouchent les plus longues rivières de la péninsule dont le Blavet. Le golfe du Morbihan ou petite mer peuvent abriter leur retraite éventuelle. Groix est un des promontoires de vigie. Leur flotte a le monopole du trafic entre le Nord-Ouest et la Grande-Bretagne. La plupart des peuples des régions maritimes leur payent un tribut. Cette thalassocratie, fondée sur une originale marine à voile, assure le transport des métaux des îles Britanniques (étain) vers la Méditerranée. C'est une grande puissance, qu'illustrent ses frappes de monnaie.


Les romains
Conquérir cette partie de la Gaule est important pour César, non seulement pour des raisons de prestige, mais aussi pour faciliter sa conquête ultérieure de la Grande-Bretagne. Les Vénètes feignent de se soumettre, mais leur révolte, en fait, est rapide. En 57 av.J.-C., César a à faire face à quelque 220 vaisseaux vénètes, sans doute dans les parages de la presqu'île de Rhuys. Le manque de maniabilité des vaisseaux celtes est fatal aux Vénètes. César, qui a fait construire une flotte plus légère et bénéficie de la trahison des Pictons et des Santons, qui lui ont prêté des bateaux, a en outre fait armer ses navires de faux qui servent aux Romains à déchirer les voiles des Vénètes. Il y a cependant lieu de penser que la destruction des vaisseaux vénètes n'est pas aussi complète que César le laisse entendre. En 52 av.J.-C., les Vénètes sont encore assez puissants pour envoyer, à l'appel de Vercingétorix, des renforts à Alésia. A l'époque gallo-romaine, cette puissance disparaît dans l'anonymat de la romanisation. Le chef-lieu des Vénètes est Darioritum,devenu Vannes (ou Gwened en breton) environ 500 ans plus tard. Les vénètes de l'époque gallo-romaine exploitent leurs forêts et leur fer, principalement pour la construction de leurs navires. La poterie, depuis une époque reculée, est une de leurs industries. Ils pratiquent le commerce du sel, exportent aussi sans doute leur fer et leur étain. A la fin de l'empire romain, le pays vénète devient le Bro Erec ou Bro Waroc'h "le pays d'Erec" ou de "Waroc'h", nom du chef breton local.


L'arrivée des bretons
Au Ve siècle les Bretons (autre peuple celte), chassés des îles britanniques par les Saxons et les Normands, débarquent sur le territoire du Pays Lorientais comme dans toute l'Armorique. Celle-ci va prendre la langue de ses envahisseurs; cette langue qui sera évidemment le breton. Les chefs religieux, qui débarquent de Grande-Bretagne, établissent les bases du christianisme en Bretagne et ils deviennent les saints patrons des 9 évêchés qui sont fondés par la suite et qui découpent la Bretagne en 9 régions. C'est ainsi que le territoire Bro Waroc' h devient un de ces pays sous le nom de Vannetais ou encore Diocèse de Vannes dont l'actuel Pays de Lorient fait partie (les diocèses ou évêches de cette époque correspondaient à nos départements actuels au niveau de l'organisation géographique, administrative, sociale...). Une période de conflits entre les Bretons et les Francs, notamment les Carolingiens, s'ouvre en 751. Elle s'achève en 831, lorsque Louis le Pieux nomme un noble vannetais, Nominoë, à la tête de la Bretagne. Cet aristocrate breton va très vite tirer profit de la mort de son protecteur, en 840. Il engage son pays vers l'indépendance. Ainsi la Bretagne commence à former une principauté héréditaire et les capétiens réussissent à en faire un des grands fiefs français, l'influence française faisant reculer, par contre, la langue bretonne dans la partie ouest du duché (La Basse-Bretagne).


Le duché de Bretagne
Ce premier contact avec la civilisation continentale de l'Europe franque est vite interrompu par les invasions normandes. Le territoire lorientais n'y échappe pas et le territoire de l'actuelle commune de Guidel est pillé. Les normands sont chassés par Alain Barbe-Torte qui, fort de ses victoires, s'impose comme duc en 938. La Bretagne entre ainsi de plain-pied dans le système féodal. Nantes en est la capitale.
A cette époque, La Bretagne redevient un fief du royaume de France en 1213 quand son héritière épouse le prince capétien Pierre 1er Mauclerc. Mais la souveraineté du roi de France est contestée lors de la guerre de la Succession de Bretagne : conflit qui oppose, de 1341 à 1364, Jeanne de Penthièvre et Jean de Montfort pour la succession du duché de Bretagne. C'est au cours de cette guerre que la place forte d'Hennebont connaît son heure de gloire. L'épouse de Jean de Montfort s'y retranche pour y soutenir un siège contre Charles de Blois. La guerre ne s'interrompt qu'en 1364, après la bataille d'Auray. Bien que secondé par Du Guesclin, Charles de Blois est écrasé par les armées anglaises et trouve la mort au cours du combat. Du Guesclin lui-même est contraint de se rendre, cerné de toutes parts et ses armes sont rompues. L'année suivante, Jeanne de Penthièvre, abandonnée par le roi de France, conclut le traité de Guérande par lequel elle renonce à la couronne ducale de Bretagne au profit de Jean de Montfort, qui devient duc sous le nom de Jean IV de Bretagne. Sous la dynastie des Montfort (1365-1491), le duché de Bretagne jouit d'une réelle indépendance. La seconde moitié du XVe siècle voit s'affermir les prétentions du royaume de France sur la Bretagne. A ce moment, l'indépendance du duché est déjà entrain de prendre fin. Face à l'armée royale et à son artillerie, les tentatives de maintenir la situation antérieure se révèlent vaines. La duchesse de Bretagne, Anne, épouse d'abord Charles VIII (1491), puis Louis XII (1499). La Bretagne devient, par ces mariages, partie intégrante de la France. Cette union est ratifiée par l'édit de 1532.


La naissance de Lorient et les temps modernes
L'Orient (Lorient, aujourd'hui) naît en 1666, lorsque la Compagnie des Indes créée par Colbert en 1664 s'installe à Port-Louis puis au fond de la rade sur un emplacement qu'on va nommer L'Orient, en raison de son commerce avec l'Orient justement. Sous la révolution française, la région de Lorient est le coeur de la Bretagne contre-révolutionnaire : ses campagnes sont, par moments totalement acquises à la chouannerie (opposition armée des milieux ruraux de l'Ouest, du Centre et d'une partie du Midi aux régimes issus de la Révolution tels que Convention et Directoire, Consulat et Empire). La Bretagne est divisée en cinq départements en 1790 : Finistère, Ile et Vilaine, Loire-Atlantique, Côtes du Nord et Morbihan. (C'est seulement au milieu du 20e siècle que la région Bretagne pert le département de Loire-Atlantique). Au 19e siècle, la pêche et l'ostréiculture vont prendre une part importante dans l'activité économique de la région lorientaise qui a été, de tout temps, liée à la mer. L'huître plate va faire la réputation du Morbihan, riche en gisements naturels. Les débuts de l'ostréiculture en rivière d'Etel remontent à 1890. Le 19e siècle, c'est aussi la grande époque de la pêche à la sardine. Les villages, tels que locmalo à Port-louis, Locmiquélic, Ploemeur…, vivent aux rythmes des marées. De juin à octobre, les hommes partent en mer pêcher la sardine ou le maquereau tandis qu'à terre femmes et enfants travaillent dans les conserveries. Puis les marins s'enhardissent, se lançant dans la pêche hauturière au thon blanc. Si les ports d'Etel, Groix, Port-Louis... rapportent jusqu'à la fin de ce siècle 90% des prises, l'industrialisation et le chalutage vers de nouvelles zones de pêche vont favoriser le port de Lorient. La région lorientaise, archaïque et traditionnel se réveille lentement au 20e siècle. On y crée, après la première guerre mondiale, le port de pêche de Lorient.
C'est à cette époque, en 1925, que la famille Cuissard crée "la Marée Sportive", équipe "corpo" qui affronte d'autres équipe coporatistes de Lorient. Le 2 avril 1926 dans la salle d'un bar de la rue Carnot, la Marée devient le Football Club Lorientais un véritable club amateur. Les Cuissard, originaires de Saint-Etienne, sont patrons d'un magasins de marée.



En août 1944, la France est en partie libérée mais dans la région lorientaise les allemands continuent à se battre et forment un réseau défensif qu'on appellera "la poche" de Lorient. Cette poche comprend vingt-cinq communes de la Laïta à la presqu'île de Quiberon. Elle est puissamment défendue par plus de 26 000 homms appuyés sur 400 ouvrages fortifiés. Le 27 août, le général américain Wood ne peut s'emparer de la base et malgré une offensive en novembre-décembre sur le Pont-Lorois qui coupe la poche en deux, il faut attendre le 10 mai 1945 pour que la reddition ait lieu.



Après la seconde guerre mondiale, le tourisme côtier s'y développe, Lorient s'étant aggrandie de l'ex-commune de Keryado en 1947. Il faudra plus de vingt ans pour reconstruire : Lorient a été détruite à 80%.

Dès 1945, plusieurs dizaines d'architectes sont chargés de donner à Lorient un nouveau visage. En cinquante ans une ville naît. Depuis 1991, un programme de coloration des façades harmonise couleurs et matériaux. L'avenir passe par la reconversion de l'Enclos du Port, qui va permettre à la ville de reconquérir les berges du Scorff. Au total, le Pays de Lorient a gardé de son histoire une part de son mystère, tandis que l'évolution contemporaine se caractérise par l'essor de Lorient (150 000 habitants dans le cadre de la communauté d'agglomération du Pays de Lorient), avec son port moderne, en difficulté à la fin du siècle dernier. Dans cette même période, le retrait de la marine ne sera que partiellement compensé par une dynamique commerciale. Notons aussi l'importance du Festival Interceltique qui attira 600.000 personnes en 2002 pendant onze jours, un record. Aujourd'hui, en termes de population, Lorient est la troisième agglomération de la Bretagne administrative, derrière Rennes et Brest.

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